Haïti-Ueh : La réouverture de la Fasch sur fond de crise

Par Junior Derismond

Crédit photo: Hpn

P-au-P, 11 nov. 2017 [CoupDoeil] — Alors que la crise qui sévit au sein des différentes entités de l’Université d’État d’Haïti (Ueh) n’est pas encore résolue, le Conseil de coordination de la Faculté des sciences humaines (Fasch) a annoncé la réouverture des cours de la première session 2017-2018 pour le lundi 20 novembre 2017.

En ce sens, le Bureau de l’année préparatoire de la dite entité de l’Ueh avait rappelé aux étudiants (tes) inscris (tes) aux cours qu’ils devraient passer confirmer leurs inscriptions à partir du 7 au 14 septembre 2017. En dépit des différentes annonces, l’espace de la Fasch n’est pas trop fréquenté par les étudiants, à plus d’une semaine de cette réouverture tant attendue.

Les responsables de la coordination de la FASCH avaient décidé de surseoir les activités académiques et administratives, depuis plusieurs mois, pour des causes de perturbations incessantes provoquées par des étudiants expulsés de l’UEH, une décision du rectorat.

Crédit photo Walky Pasteur (Espace-Fasch)

Le mercredi 9 novembre 2017. Il est environ midi, sur la cour de la faculté, ils sont au nombre d’une trentaine d’étudiants et étudiantes qui font le va-et-vient. En groupe de deux, trois et quatre ils lisent les avis et discutent entre eux. Certains d’entre eux ont profité de formaliser leurs dossiers administratifs.

D’autres par contre, discutent de l’avenir de cette entité de l’Ueh, en dessous des tonnelles du réfectoire, une installation faite par Le Sage, un employé de la Fasch depuis plusieurs années, afin de permettre aux étudiants de déguster quelques choses avant les heures de cours.

Outre les démarches administratives pour la préparation de la nouvelle année académique, un ensemble de travaux d’aménagement dont la réhabilitation d’une partie des jardins de la Fasch, la réhabilitation d’un pan du mur de la clôture et la peinture du bâtiment sont en cours de réalisation, informe un avis portant la signature du secrétaire général de la Fasch, Yves Barthelemy.

Pour la Fe, aucune issue à l’horizon

Par ailleurs, la situation est différente à la Faculté d’Ethnologie (Fe). Environ 1h dans l’après-midi du mercredi 9 novembre, angle des rues Magloire Ambroise et St Honoré des chaises sont éparpillées dans la rue, des étudiants du Mouvement troisième voix (Mtv), pancartes en mains, réclament la réouverture de la Faculté d’Ethnologie (Fe), fermée depuis tantôt six mois, suite à de vives tensions enregistrées lors d’un mouvement de protestation d’étudiants le lundi 12 juin 2017.

La Faculté d’ethnologie a fermé ses portes, suite à un mouvement de protestations violentes de plusieurs étudiants, au cours duquel, l’étudiant John Rock Gourgueder Jean a été renversé le lundi 12 juin 2017, dans l’enceinte de la Fe, par le véhicule du doyen, Jean Yves Blot, et au moins un professeur sévèrement fracturé.

« Fakilte etnoloji on patrimwan li pap kraze, entegrasyon etidyan yo nan biwo leta pou sevi peyi yo, refom nan Ueh la » en français, « La Faculté d’Ethnologie, un patrimoine qui ne va pas être ferme, l’intégration des étudiants dans les bureaux de l’Etat, pour une reforme au sein de l’Ueh » sont parmi les principales revendications des étudiants du Mtv qui, auraient toutefois cadenassée les deux barrières de la Faculté d’ethnologie.

La crise au sein de l’Ueh vielle depuis plusieurs années, a connu un autre tournent lorsque le Rectorat de l’Ueh a pris des sanctions administratives, contre les occupants du Rectorat et autres responsables de casses et d’actes de vandalisme, perpétrés dans les locaux, qui revendiquait contre l’élection des membres du nouveaux conseil.

Une Crise dans la crise

Une position publique du vice-recteur aux affaires académiques, Hérold Toussaint, suscite des commentaires divergents au sein du Conseil de l’Ueh. Les dirigeants ne partagent pas la méthode de recherche d’une sortie de crise, alors que les structures de direction de l’institution ont du mal à fonctionner convenablement depuis leur installation.

L’attitude de Toussaint, qui a appelé, lors d’une conférence de presse en date du jeudi 26 octobre 2017, à une médiation pour résoudre la crise qui secoue l’institution, est qualifiée d’antidémocratique par une résolution du Conseil de l’Université (Cu) prise à son encontre, lors d’une retraite déroulée du 27 au 29 octobre 2017.

« Les membres du Cu étaient d’autant plus choqués que le vice-recteur a fait ces déclarations la veille de la tenue de la session du Cu », a souligné l’un des membres de cette institution gardant l’anonymat.

Le professeur Toussaint avait souligné que la non synchronisation des actions du recteur et des vice-recteurs aurait « des effets néfastes sur la santé académique et la vie des étudiantes et étudiants ».

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