Haïti-Société : Nouvelle graphie des mots : un faux néologisme à éviter

P-au-P, 4 mai 2018 [COONEWS] —L’écriture demeure une des formes de communication les plus utilisées et les plus adaptées par les humains après l’invention de l’imprimerie par Gutenberg (1450). Elle est de fait l’expression de la pensée, du vécu, traduite sous formes de signes conventionnels exprimant une idée complète.

Elle apparait dans les livres : Bible,  journaux,  brochures, messages (sms, BBM), discours et toute autre forme d’écriture. En effet, elle est commode et adaptée  à tous ceux qui sont surtout alphabétisés ou lettrés  –  C’est-à-dire capables de décortiquer, de comprendre le sens des mots dans un texte, un discours ou un message quelconque. Elle exige donc un degré de formation, d’instruction important.

L’écriture respecte tout un ensemble de règles grammaticales, esthétiques et poétiques  pour rendre lisible et compréhensible un texte ou  un discours. Elle peut se catégoriser sous différentes formes. Nous pouvons donc en citer quelques-unes comme : Ecriture littéraire, écriture scientifique, écriture journalistique, écriture poétique, écriture sainte, écriture en Relations Publiques, écriture en Administration, etc.

Par ailleurs, il existe d’autres formes d’écriture telles que : la forme décontractée ou libre, la forme en abrégée ou raccourcie, la forme codée, etc. Toutefois, il faut  noter que les formes d’écriture suscitées ne sont pas admissibles ni recommandées dans la rédaction scientifique, littéraire,  poétique, etc. Comme leur  nom l’indique, les formes libre ou en abrégée ne s’utilisent que dans un échange  amical.  En outre, nous voulons groso modo porter un jugement critique sur cette euphorie de messages codés par des mots (lettre+chiffre) lors des  échanges à travers le téléphone mobile et les réseaux sociaux comme : facebook, Twitter, instagram et You tube. Nous allons brièvement relever quelques problèmes, identifier les  impacts et les enjeux  auxquels les gens sont exposés face à cette mauvaise utilisation.

De nos jours, les gens ne pratiquent pas vraiment la bonne graphie des mots avec ce phénomène sms téléphonique et les réseaux sociaux.  La fameuse phrase française stipulant que : « il faut écrire pour être compris » est galvaudée par les gens. Car  depuis   l’avènement du téléphone portable et l’utilisation fréquente des réseaux sociaux, les gens tuent l’écriture, ils écrivent ce qu’ils veulent et comme ils veulent.  Nous  assistons  alors à un sérieux désordre au niveau de la graphie des mots lors des échanges de messages, ce qu’on pourrait  appeler aussi l’apparition d’un « faux néologisme » dans la rédaction.

Les gens, particulièrement la jeunesse, se complaisent à dénaturer les mots eu égard à leur orthographe sans tenir compte de leur graphie normale. Ils s’amusent à les déranger en remplaçant des lettres par des chiffres qui donnent une certaine sonorité semblable à un mot quelconque comme par exemple huit (8) dans minuit (min8) ou 2 pour de. Ils cherchent en fait à inventer des mots, des vocabulaires n’ayant aucun sens académique réel pour communiquer.  Pour les comprendre, faudrait-il bien qu’on partage le même code qu’eux.  Si non on risque de se perdre et même se brouiller dans sa compréhension. Par exemple : une amie qui, à travers un échange de messages, écrit à son petit ami : « Bsr b ! kmnt sa va ? Tu sè keur, g t’em bcp  –  2 rien bb, bne n8 a 3 osi ». D’autres  écrivent: « g pans ke ca v pr 3, ojrd’8 klk me voi et me di g s8 1 vgbon, sa ma vremnt choke. C q svp ? g vx pa, Pa d koi bb, loll !!!!!!!!!!! Là, c’est du désordre total !!!

Ce  qui paraît beaucoup plus paradoxale c’est que même  des universitaires,  des intellectuels  qui devraient être de bons modèles pour le reste du peuple se fient à leur gros bon sens,  cautionnent  aussi  ce genre de pratique. Ils  s’en mêlent également. Or, ils savent très bien ce que cela pourrait causer chez les praticiens. D’ailleurs, suivant les témoignages de certains (universitaires, élèves), même aux examens, faute d’habitude ou par oubli, ils rédigent leur devoir  comme s’ils échangeaint des sms avec leurs amis (mots en lettre et chiffre). Ce qui  provoque  en réalité un sentiment de honte, d’incapacité  à  l’endroit de ces universitaires/élèves, et qui insultent aussi les professeurs lors des corrections. Une pratique  qui a entrainé une paresse totale du côté des jeunes parce qu’ils  sont à la recherche de la facilité.

Aujourd’hui, on n’a pas vraiment besoin de dictionnaire pour écrire, il suffit de mélanger les mots entre lettres et chiffre, ça suffit et  c’est correct. Avec cette nouvelle forme d’écriture, les gens ne se mettent pas à la réflexion. Cela prend trop de temps. Pourtant quand ils  se trouvent en situation  d’écrire à une personne ou à une institution pour un emploi, ils se butent à d’énormes difficultés,  car ils sont  contraints de le faire sans faute. Or ils sont en pannes de vocabulaire. Difficile alors de construire une bonne phrase, ils oublient constamment l’orthographe normale des mots. Donc, cette pratique dérange et réduit sérieusement la capacité intellectuelle de l’individu. Au lieu de se jeter dans la lecture, la culture de choses sensées, l’on s’amuse  de préférence à bavarder, à miser sur de la foutaise pouvant causer beaucoup plus de  mal.

Cette phrase « Les paroles s’envolent mais les écritures restent », n’a aucune signification  pour certaines gens aujourd’hui, compte tenu du mépris des règles grammaticales et du rejet de la graphie normale. Bon nombre d’adeptes de cette forme d’écriture  interrogés sur ce grave problème, disent qu’ils le font juste pour  économiser les sms correspondant à une page et l’effectif donné  pour une journée. D’autres  estiment que c’est plus facile d’écrire ainsi. Pourtant,  ils ignorent toutes  conséquences qui peuvent en découler. Déjà, une jeunesse qui est  en panne de réflexion, démotivée et désintéressée  quasiment de tout; les choses de l’esprit ne l’intéressent  pas vraiment, elles sont, pour eux,  reléguées au second plan, n’a pas de temps à investir dans sa formation intellectuelle. Comment disposer, consacrer alors du temps à la bibliothèque, à la réflexion et à l’écriture???

Toutefois, on pense que la jeunesse, surtout la communauté estudiantine, qui est la tête pensante, le phare de cette société, doit tirer la sonnette d’alarme, tout en fuyant cette mauvaise utilisation. Elle  doit donc  s’immiscer davantage dans des choses valables, importantes que de se  verser dans la bévue, la  facilité et les bavures. De plus, l’écriture est l’émanation de la pensée car on pense avant d’écrire. Que les jeunes essayent de pallier cette mauvaise utilisation en enrichissant, meublant  leur esprit   de  bons  vocabulaires et de notions grammaticales solides.

A bon entendeur salut !!!

Jean Marc  SENATUS

Communicateur Social

jnmarcsenatus@gmail.com

Facebook Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *