Haïti-Relance de l’agriculture : les fermes agricoles de l’État doivent être opérationnelles…

Credit photo: Le National

P-au-P, 5 mai 2018 [COONEWS] — Sous les règnes des Duvalier, Haïti a connu pas moins de quarante-quatre (44) fermes  agricoles opérationnelles. Pourtant, le pays ne compte, pour l’heure, moins d’une dizaine de fermes qui fonctionnent au ralenti. Citons entre autres la  ferme agricole de Savane Zombi (Thiotte, département du Sud-Est), de Babouin (Plaine du Cul-de-Sac), Grand Pré (zone Milot dans le département du Nord), de Dausmont (Ouanaminthe), ainsi que celle de Lévy à Camp-Perrin (là où est construit le Centre de Germoplasme du Sud). Fort de ce constat, pour une relance effective de l’agriculture, l’opérationnalisation des fermes agricoles de l’État comme vecteurs obligatoires incontournables est une nécessité.

Avec une contribution tournée autour de 20 % environ du PIB durant ces dernières années, l’agriculture haïtienne est en  décrépitude. Pour corroborer, l’on peut citer sa faible contribution au PIB. D’aucuns pensent que l’État doit, via ses structures spécifiques, donner le ton en mettant en branle toutes activités jadis réalisées dans les fermes agricoles qui  se trouvent placées dans différents points à travers le pays. Ce qui va, selon plus d’un, contribuer à la redynamisation du secteur agricole.

De  prime abord, est définit comme ferme agricole, toute exploitation, quel que soit le statut de l’exploitant, propriétaire ou locataire. De manière spécifique, une ferme agricole désigne les bâtiments d’exploitation abritant les machines agricoles, les cheptels animaliers, les produits agricoles et l’habitat. Dépendamment de la zone agro écologique, une ferme agricole peut avoir une activité diversifiée (polyculture–élevage) ou  plus ou moins spécialisée dans des domaines comme  la céréaliculture, viticulture, arboriculture fruitière, maraîchage ou l’horticulture, etc).

À l’époque où les fermes agricoles fonctionnaient dans la normalité, les plus grandes ont été celles de l’élevage, elles se situent à Papaye. Suivent celles de  Biligi à Maïssade près de Hinche. S’il existe  de grandes fermes agricoles, il y a aussi des micros fermes. Et, la surface d’une ferme dépend de sa vocation.

Les vrais rôles des fermes agricoles de l’État

Les fermes agricoles de l’État ont une double mission. Il s’agit dans un premier temps de la recherche dans les différents sous-secteurs agricoles.  Secundo, la production de semences de base pour les exploitants agricoles. Mais depuis le déclin de ces dernières, elles  ne s’impliquent pas dans la production de semences de base. À cet  effet, l’implication de l’État  dans la recherche, la production de semences, par exemple, dont le planteur aura besoin, permettra à l’ensemble des producteurs agricoles de trouver des semences de qualité pour pouvoir faire le semis. Ce qui, par la suite, conduira à une agriculture florissante. Aussi bien, il ne saurait y avoir développement agricole sans la recherche y relatif.

Dans la même veine,  l’ex-ministre de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du développement rural (MARNDR), Carmel André Béliard, avait annoncé, il y a pratiquement un an, lors son installation à la tête de l’institution agricole, la mise en opération des fermes agricoles de l’État délaissées trop longtemps. Des promesses non tenues, alors qu’il a été licencié par l’administration Moïse/Lafontant à la tête de l’institution agricole. Cependant, toujours pas de signaux clairs des autorités concernées pour la réorganisation des fermes agricoles abandonnées sans explications aucunes. Plusieurs cas de figure peuvent se présenter : absence de programme, peut-être ; ou encore problèmes de financement, ou tout simplement  aucune velléité des autorités pour remettre les fermes agricoles de l’État sur leur rail.

Tout compte fait, pour que le secteur agricole soit en marche effectivement, les planteurs doivent avoir du matériel de qualité et des outils pour tout le cycle de production. Tout cela est conditionné par la recherche et la multiplication de semences de base. La problématique de la mise en branle des fermes agricoles de l’État doit interpeller tout un chacun : les autorités concernées, la société civile organisée, les coopératives et association agricoles, les exploitants agricoles, entre autres.

Somme toute, la redynamisation du secteur agricole est fondamentale pour lutter contre l’insécurité alimentaire de la population. L’État doit, à cet égard, changer la donne en se battant pour sauver les fermes agricoles…

Therno N. A. Senelus

 

 

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