Haïti-Post-séisme : Les laissés pour compte du camp de l’Avenue Poupelard

Jeanne Saintéus

P-au-P, 17 mai 2019[COONEWS] — Une dizaine de familles vivent encore dans des conditions inhumaines dans le camp de l’Avenue Poupelard (centre ville de Port-au-Prince), 9 ans et 4 mois, après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 ayant fait environ 300 mille morts et des milliers de personnes déplacées.

Il était 3 heures 10 de l’après-midi. Le soleil brille de mille feux, répandant ses rayons ardents sur les toitures des abris du camp de l’Avenue Poupelard, situé à quelques mètres de l’église St. Antoine de Padoue.

Tout près du camp, jonche une pile de déchets divers, se forme aussi une mare d’eau verdâtre où se côtoient rats et moustiques.

À l’entrée, une jeune fille d’une vingtaine d’années environ défait ses tresses naturelles. Par moments, elle regarde passer les gens dans la rue.

A un pas d’elle, sont assises deux vielles dames. L’une est vêtue d’une robe ample à bretelles de couleur bleue claire.

L’autre, la plus âgée, répondant au nom de Mérilia Mérilisse, une octogénaire, porte une jupe rouge et un corsage bleu sombre.

Sur sa tête, un foulard duquel s’échappent deux mèches de cheveux blancs comme du coton.

Mérilisse vit dans ce camp avec 2 petits enfants à sa charge. D’une voix teintée de tristesse et de désespoir, elle nous raconte ses difficultés à subvenir aux besoins du ménage.

« Je vis à la merci de certains proches. Certains jours, je n’ai rien à donner aux enfants. Ils sont obligés de se rendre à l’école avec le ventre vide », confie-t-elle.

Construits avec de vieux poteaux en bois, des morceaux de tôle, des contre-plaqués, des bâches trouées, sales et  usées par le temps, les abris du camp de l’Avenue Poupelard sont incapables de protéger leurs occupants de la rudesse du climat.

Mirose Alté, une mère célibaire, frisant la trentaine nous explique son calvaire lors des nuits pluvieuses.

« Quand il pleut, il nous est impossible de dormir. Les enfants et moi sommes obligés de rester debout en attendant que la pluie cesse… Regardez ! Ce sont tous nos vêtements », se plaint-elle, montrant du doigt une ligne de fer sur laquelle sont étendus des vêtements usagés.

Les habitantes et habitants du camp font souvent face à des problèmes de santé comme la grippe, des démangeaisons et l’apparition de boutons sur leur peau, à cause de l’état insalubre du lieu.

Face à leur pénible situation, ils ne désirent qu’une chose : être relogés dans de meilleures conditions. Toutefois, les nombreuses visites sans suite des Organisations non gouvernementales (Ong) ainsi que le mépris affiché par les autorités étatiques à leur endroit semblent éroder leur espoir de jour en jour.

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