Haïti-Politique : Comment Haïti peut véritablement exploiter les accords internationaux de libre-échange ?

Les grands accords internationaux d’heSam Université — HESAM Université Credit Photo : HESAM Université

P-au-P, 24 mai 2018 [COONEWS] — Depuis bien des années, particulièrement avec la mondialisation, le commerce international connait un essor assez considérable. Certains pays, pour vendre leurs biens et services en vue d’élargir leur marché commercial ; entretiennent de nombreux accords commerciaux, que ce soit accord de libre-échange, droit de marché, accord bilatéral ou multinational.

Une situation qui, vraisemblablement, empêche de nos jours de croire en cette formule stipulant que ce sont « les grandes idées, la politique qui mènent le monde », car elles sont en perte de vitesse. Il semble de préférence que ce sont « l’économie et les échanges commerciaux nationaux ou internationaux » en un mot « l’argent » qui fait bouger le monde. Comme par exemple, le marchés Américain, Européen, Antillais, Asiatique, etc. échangent entre eux et facilitent le libre accès dépendamment de l’accord signé entre les pays pour faire écouler ses produits et donner une certaine assurance aux investisseurs et consommateurs locaux.

Cependant, Haïti, en dépit de ce qu’elle représente pour les marchés internationaux, n’arrive pas vraiment à pénétrer le marché international par rapport à certains critères exigés. Elle produit donc très peu pour le marché extérieur. Ce qui soulève beaucoup d’inquiétude de la part des producteurs et des investisseurs haïtiens pensant que le marché international reste et demeure un atout majeur qu’on doit absolument exploiter. On est donc très préoccupé de cette situation et les raisons qui en sont les principales causes, on va passer en revue les atouts existant dans le système d’échange à travers une émission télévisée.

A l’émission en date du lundi 29 août 2016, qu’avait organisé l’OCAPH ; trois invités de marques et spécialistes en la matière en l’occurrence: Madame Martine Nathalie Laroche C, Directrice Générale de l’entreprise Sun Food, communément appelé « Don POYO », Madame Nathalie TANCREDE, Directrice de « Artisan Business Network » (ABN), très préoccupée par les produits artisanaux et Monsieur Chenet SAINT-VIL, le coordonnateur de « BACOS », Bureau de Coordination de suivi des Accords, qui coordonne la participation d’Haïti dans les négociations avec d’autres pays et assure les suivis ; ont été reçus pour intervenir sur un ensemble de questions, principalement sur comment est le rapport d’échange existant entre Haïti et d’autres pays?

Comment vendre l’image d’Haïti à l’extérieur via ses productions ? Quelles sont les difficultés rencontrées pour y pénétrer? Plusieurs réponses ont été certainement apportées. D’abord, faut-il bien se rappeler qu’effectivement Haïti a signé des accords de libre-échange avec d’autres pays. Néanmoins, leurs relations ne vont pas toujours de bon train, en raison du fait que dès fois les produits haïtiens sont en proie à des discriminations. Ils n’inspirent pas trop de confiance aux étrangers, faute de promotion et de valorisation. Car, le travail de certification nationale n’est pas suffisant. Malgré tout, la participation haïtienne dans certaines foires internationales a laissé de bons souvenirs aux participants, suivant les propos de Madame Laroche C. Elle croit qu’Haïti a toujours été bien représenté.

Quant aux produits artisanaux, la Directrice d’ABN pense que, grâce à un accord signé entre Haïti et les Etats-Unis, ils entretiennent un rapport de bon voisinage par rapports à ces produits. Tout comme les entreprises de ces dernières ciblent aussi d’autres marchés internationaux, mais elles n’ont pas encore vraiment la clientèle souhaitée. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette réalité, pour Madame Laroche , il faut être mature pour affronter d’autres marchés, avoir une politique de valorisation des produits locaux, tenir compte de la standardisation, qualité-prix des produits, puisqu’une fois membre de l’organisation Mondiale du Commerce (OMC) l’on détient les mêmes droits ; créer aussi plus de confiance chez les consommateurs étrangers. Monsieur Saint Vil, pour sa part, pense que les accords de libre-échange nécessitent des consultations avec les opérateurs économiques du pays en question afin d’assurer la compétitivité et la valeur des produits.

Interrogé sur la prise en otage du marché haïtien par les produits Dominicains, les invités affirment que cette situation s’explique par le fait qu’on ne produise presque rien, on n’a pas vraiment une politique de production locale vers l’internationale. Madame Laroche C., à travers une approche comparative sur le coût tarifaire exigé par les pays membres de l’OMC, a montré qu’Haïti est loin du respect des normes de l’organisation. Les entreprises haïtiennes confrontent de grandes difficultés pour intégrer le marché dominicain. L’Etat voisin pratique ouvertement une forme de protectionnisme. L’on se rappelle bien dans les années 90, on a mis presqu’à zéro tous les taux douaniers chez nous. Ce qui a occasionné une chute considérable de nos industries et une invasion non contrôlée du marché haïtien par les produits  étrangers. De plus, la politique Tarifaire pose aussi problème, le niveau appliqué est trop faible par rapport aux dominicains. En Haïti, nous appliquons un taux de 10% sur un produit voisin pourtant en République voisine il est à 20% sur les nôtres.

Tout compte fait, Haïti doit consentir beaucoup d’efforts pour enfin arriver  à pénétrer les marchés internationaux et exploiter les accords de libre-échange. Comme on l’a mentionné plus haut, il y a tout un ensemble de paramètre à mettre en place.  Pour cela, le gouvernement haïtien doit s’engager dans une politique macro-économique sur le long terme en vue de favoriser le développement des industries locales à travers des outils d’accompagnement ; encourager l’investissement à travers le pays, ouvrir le marché haïtien aux investisseurs étrangers dans un climat de confiance et sécuritaire, créer un mécanisme de contrôle au niveau de la qualité des produits. Les investisseurs locaux doivent eux-aussi embrasser une vision globale sur le long terme et une orientation de la vente de ses produits vers les marchés internationaux. Un ensemble de considérations qui peut conduire le pays vers cette renaissance de la production nationale dont plusieurs gouvernements en parlent. Cette  revitalisation pourra de plus résorber le chômage et doter le pays d’une indépendance alimentaire.

 

Jean Marc SENATUS

Communicateur Social

jnmarcsenatus@gmail.com

 

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