Haïti-Littérature : À la rencontre de l’auteur « 21 poèmes pour elle »

P-au-P, 19 mai 2018 COONEWS] — Peter Cenas de son vrai nom Pierre Richard Lavilette, est né à Port-au-Prince, le 8 juillet 1992. Il a fait des études en communication, en sciences du développement et est présentement étudiant en sciences de l’éducation. Sa participation à des anthologies nationales et internationales et l’animation de divers ateliers au sein du pays  alimentent sa carrière en tant que poète haïtien.

On aurait pu donner raison à tous ceux et celles qui perçoivent l’écriture comme un acte thérapeutique. Cette manière de la percevoir n’est pas de vide sens selon cet auteur. « J’écris ce que je ressens, cette pratique me soulage et me blesse parfois. Elle m’aide  à oublier ce que je dois oublier; et rappeler ce que je  dois me rappeler » fait-il savoir lors d’une interview un reporter de l’équipe de Coonews. De tels faits qui sont tout à fait évidents.

Dans un discours populiste, certains gens pensent que la poésie en tant que genre littéraire n’est que de l’abstraction, de l’imaginaire au sens qu’elle n’a rien à voir avec la réalité. À la limite de cette manière de dire, Peter pense que c’est faux en disant que : La poésie n’englobe pas la réalité sensible, c’est la démarche qui est ainsi faite mais le but c’est de parvenir à un changement du monde. Sur ce, vu le nombre considérable de gens qui écrivent dans le milieu haïtien, à son avis c’est une possibilité de plus pour parvenir à ce changement.

Dans les points de vue de Peter sur l’écrit, l’école n’est pas mise en quarantaine. Car ce qu’on a reçu à l’école, selon lui,  permet de mieux écrire en ne pas brisant les règles ; par contre il a nuancé pour ajouter qu’on n’apprend pas la poésie à l’école, ça vient de l’âme.

Dans ses œuvres, généralement,  on rencontre des notes dominantes comme : Femme, la mer, l’amour, solitude. Son premier recueil de poésies titré « 21 poèmes pour elle (2015) » peint la  solitude dans ses aspects les plus profonds ; un vécu dû à la suite d’une expérience amoureuse. Par contre, ce n’est une monotonie chez l’auteur. Car on goute à ce nationalisme dans certains textes de son ouvrage titré (pas encore publié) Les prières des fleurs bleues :

Je viens de ce pays dont on a oublié le nom

Ce pays des pas perdus

Dans les vertèbres

De rues en soupirs entrelacés

Rues par-ci, rues par-là

Rues dessus-dessous

Mon pays a double sexe

 

Vagues coin d’inquiétudes

Piaffant poil au vent

En cadence vertigineuses

Mornes titubantes

 

Mon pays n’est pas un pays

C’est une terre en chaleur

Une terre nue

Qu’on baise dans tous les sens

 

Peter CENAS

Dans : Les prières des fleurs bleus

On ne pourrait s’oser d’ignorer les diverses critiques qu’on peut attribuer à un texte, surtout un texte littéraire comme la poésie, par contre ceci n’empêche de dire cela : Peter CENAS, un poète, tout un monde.

 

Marie Louise REMY

Etudiante finissante en Psychologie à la Faculté des Sciences Humaines

 

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