Haïti-Justice: 4 substituts du commissaire du gouvernement limogés et lettre de blâme pour un autre

Par Nakisha Jean

P-au-P, 19 nov. 2017 [CoupDoeil] — Le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique, Heidi Fortuné a congédié quatre substituts du Commissaire du Gouvernement au Parquet de Port-au-Prince, et a donné une lettre de blâme a un autre, dans le cadre de l’affaire Kaliko Beach, a appris l’Agence en ligne Coupd’œil.

Les substituts Jean Abner Emile, Jean Louis Elysée, Berthol Toussaint et Kenzy Joseph ont été licenciés par le Ministre de la Justice suite à leur implication dans l’affaire de Kaliko en ce  qui a trait à la libération de plusieurs individus impliqués dans le trafic des mineures. Les lettres de licenciement ont été acquiescées par le Premier Ministre Jacques Guy Lafontant.

Ces substituts seraient impliqués dans la libération de neuf personnes pourtant épinglées par le parquet pour trafic de trente-et-une jeune (31) filles, dont quatorze (14) mineures. « Par la présente, il a été décidé de mettre fin à vos fonctions de substitut du commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince pour fautes administratives graves dans le traitement du dossier de Kaliko Beach relatif au trafic de personne et association de malfaiteurs », lit-on dans la correspondance adressées à ces derniers le 16 novembre 2017.

L’ancienne porte-parole du parquet sous la gestion de Me Danton Léger, le magistrat Mirlande Dupiche Prévost quant à elle, a écopé d’une lettre de blâme. Dans une correspondance, qui lui a été adressé, le ministre de la justice, Heidi Fortuné dit « constater qu’elle a failli à ses obligations professionnelles dans le traitement du dossier de Kaliko Beach relatif au trafic de personnes et association de malfaiteurs ».

Son comportement dans la gestion de cette affaire a été indexé et qualifié de « préjudiciable à l’image du parquet et à son bon fonctionnement ».

« Cette lettre, dont mention sera portée à votre dossier, vous est donc adressée à titre de blâme ; en espérant vivement que ceci vous fera prendre conscience de vos responsabilités et de l’impérieuse nécessité de changer d’attitude » réprimande le ministre.

Cette décision survient après que le ministre de la Justice et de la Sécurité publique avait auditionné ces substituts concernant une enquête réalisée par le journaliste Guyler C. Delva sur ce dossier.

Cette enquête avait révélé, s’appuyant notamment sur l’aveu de l’un des substituts,  Me Jean-Louis Joseph Elysée, que l’ordre de libération de ces présumés criminels contre une somme de 80 mille dollars américains, émanait du titulaire du parquet d’alors, Me Jean Danton Léger.

Nonobstant, aucune preuve tangible, selon le ministre de la Justice, n’a pu établir l’implication réelle de Me Danton Léger dans l’ordre de libération de ces neuf personnes.

L’ancien commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, a traité de lâche, le substitut, qui l’aurait accusé à tort dans le cadre de ce dossier brulant, qui a failli ternir sa réputation.

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