Haiti-ACP-UE: Dégager des fonds pour renforcer la capacité d’Haïti face au réchauffement climatique

P-au-P., 20 déc. 2017 [CoupDoeil] — Le président de la délégation haïtienne auprès des pays de l’ACP, le député Price Cyprien, renouvelle sa détermination d’inciter les parlementaires à voir de quelle manière ils peuvent dégager des fonds, à travers les Accords de Paris, dans la Cop 21, la Cop 22 et la Cop 23, en vue de renforcer la capacité d’Haïti face au réchauffement climatique et face aux catastrophes naturelles.

Ces fonds devraient être dégagés pour les petits états insulaires en développement. Le député de Thomazeau a fait cette déclaration en marge d’une séance ce mardi 19 décembre, dans le cadre des assises qui se tiennent du 18 au 20 décembre 2017, à Port-au-Prince, où les membres du Parlement européen et des parlementaires de 78 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) débattront de l’économie verte, du tourisme durable, de la situation en Mauritanie et de la façon de renforcer la résilience au changement climatique dans les États ACP.

Au cours de réunions de grandes importances pour le pays, le député de Thomazeau envisage de présenter Cuba, comme modèle de pays qui a une politique de développement par rapport aux catastrophes naturelles. Une politique très réussie de prévention, d’un pays de la Caraïbe, qui est moins touchée par les catastrophes naturelles.

D’après lui, Haïti est le pays le plus vulnérable de la Caraïbe face à la problématique du réchauffement climatique. Fort de ce constat, il a mis en cause les dirigeants de ce pays.

« Nous sommes victimes à cause des inconséquences de ceux qui ont dirigé le pays, et de ceux qui dirigent l’État haïtien, qui ont laissé que toutes les choses qui se font dans le pays partent à la dérive », a fait savoir le député Price Cyprien.

Il rappelle que le pays a été frappé par le cyclone Flora dans les années 50, rien n’a été fait, alors que l’on continuait à couper les arbres et à accélérer le processus de déboisements dans le pays.

« Nous avons été frappés par le cyclone David en 1980, rien n’a été fait. Nous avons été frappés par Jeanne en 1990, rien n’a été fait, en dernier ressort Matthieu a donné le coup de grâce », déplore le député de Thomazeau.

Le chef de la délégation de l’Union européenne en Haïti, l’ambassadeur Vincent Dégert, pour sa part, pense que la lutte contre le changement climatique est une problématique essentielle. Au niveau européen, on essaie de stimuler les pays qui ont un potentiel en matière d’énergie éolienne et de solaire, pour aller de manière plus déterminée dans cette direction.

« Le passage à une économie verte est une nécessité. Le dérèglement climatique, associé au défi démographique et à la pénurie en eau potable, risque d’avoir un effet dévastateur sur les populations », lit-on dans un communique de l’UE.

Sans une action globale, les ouragans et les typhons qu’ont connus les Caraïbes et les Antilles seront de plus en plus fréquents. Les catastrophes vécues à St-Barthelemy, St-Martin, Miami, Maurice, Cuba, en Haïti, aux Philippines, etc., restent gravées dans nos mémoires”, a déclaré Louis Michel, coprésident de l’Assemblée ACP-UE pour le Parlement européen.

La 34e session de l’Assemblée parlementaire paritaire (APP), ACP-UE a été officiellement ouverte le lundi 18 décembre par son coprésident, Ibrahim Rassin Bundu pour la partie ACP, en présence de Jovenel Moïse, Président de la République d’Haïti, et de Youri Latortue, Président du Sénat d’Haïti.

Rappelons que l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE (APP) rassemble des représentants élus de l’Union européenne (UE) et des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), soit des députés européens et des parlementaires des 78 États à avoir signé l’accord de Cotonou, qui est la base de la coopération au développement ACP-UE.

Jean Élie Paul

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